MOLIERE (L'Avare)
Scène III (Harpagon, La Flèche)
Harpagon: Hors d'ici tout à l'heure, et qu'on ne réplique pas. Allons, que l'on détale de chez moi, maître juré filou, vrai gibier de potence!
La Flèche: (à part.)
Je n'ai jamais rien vu de si méchant que ce maudit vieillard, et je pense, sauf correction, qu'il a le diable au corps.
Harpagon: Tu murmures entre tes dents ?
La Flèche: Pourquoi me chassez-vous ?
Harpagon: C'est bien à toi, pendard, à me demander des raisons! Sors vite, que je ne t'assomme.
La Flèche: Qu'est-ce que je vous ai fait?
Harpagon: Tu m'as fait que je veux que tu sortes.
La Flèche: Mon maître, votre fils, m'a donné ordre de l'attendre.
Harpagon: Va-t'en l'attendre dans la rue, et ne sois point dans ma maison, planté tout droit comme un piquet à observer ce qui se passe, et faire ton profit de tout. Je ne veux point avoir sans cesse devant moi un espion de mes affaires, un traître dont les yeux maudits assiègent toutes mes actions, dévorent ce que je possède, et furettent de tous côtés pour voir s'il n'y a rien à voler.
Voir aussi ...
Molière (Jean-Baptiste Poquelin, dit)
(... nulle part ... aucune responsabilité quant à la teneur des textes produits par la machine aléatoire)